L’art d’avoir toujours tort

« Avoir raison », la gloire à portée de mots

 

            Vous êtes tranquillement en train de vous balader, tes amis et toi, à siroter une limonade sous un joli soleil d’été, à regarder les gens passer, c’est un chouette moment, vous riez, quand tout d’un coup, ton pote Bébert affirme sur un ton péremptoire : « les salsifis, c’est grave meilleur que les carottes ». Drame, scandale, comment peut-il oser dire ça ? Non, les carottes, c’est meilleur, tu as bien raison ! Et là c’est parti, on s’enflamme, on débat, ça braille, on parle légumes, et les noms d’oiseaux fusent pour savoir c’est qui qu’a raison dans l’affaire du jour.

            « Avoir raison ». Elle revient souvent sur le tapis, cette expression, lors des débats familiaux, ou entre copains. On discute sur une question précise et quand plusieurs options opposées se dessinent, il faut trancher : qui a raison ? Qui a tort ? Que la joute commence !

anniversaire-leskangourousAllez, et que le meilleur gagne !

            Mais qu’est-ce qui est en jeu dans cette joute ? Pourquoi les participants se battent en y mettant toute leur force, comme si leur vie en dépendait parfois ? Au fond, qu’est-ce qu’on a quand on a raison ?

 

→ On a la vérité, comprise comme un fait indéniable et absolu.

 

            C’est l’option qui semble la plus évidente : avoir raison, c’est être dans le vrai, désigner le faux comme faux, et rétablir l’authenticité des faits. Donc évidemment, on parle de la vérité, elle est un absolu.

            Mais tu le sais comme moi, la vérité c’est toujours une affaire complexe dans un monde qui n’est ni tout blanc ni tout noir, et des propos qui paraissent opposés souvent ne font que se compléter. Franchement, si vous débattez pour savoir lequel de la carotte ou du salsifis mérite de détenir la palme de la saveur 2016, vous savez qu’il n’y a pas de vérité absolue mais simplement relative à la délicatesse de vos fins palais de beaux parleurs, et si vous restez campés sur vos positions, vous en reconnaissez implicitement la mauvaise foi – c’est donc que vous cherchez autre chose que la vérité dans ce débat acharné.

bonduelle-pois-carotte-vapeur-530g-x12Que font un petit pois et une carotte qui se battent ? Un bon duel !! Gnar gnarf, rions

            Et puis rares sont les faits ultimes sur lesquels on va mettre tout le monde d’accord, dont personne ne niera la certitude. De toute façon, ce n’est pas de ces faits ultimes dont on débattra : on ne débat que s’il y a doute. « Le père noël n’existe pas », voilà, je l’ai dit, personne ne paraît choqué, personne n’a rien à redire, ni besoin d’en débattre. Ça, c’est un fait. Bon, je le vois arriver d’ici le petit malin qui va jouer sur les mots pour le plaisir d’enfiler le costume de l’avocat du diable, « il existe dans notre imagination hein, donc quelque part il existe d’une certaine façon tu vois, gnagnagna », ouais, et une tarte dans ta face, c’est imaginaire aussi ?

            Une vérité comprise comme « fait indéniable » peut encore apparaître comme fausse si on s’amuse un peu avec la logique. Le petit malin relou a changé le contexte : on parlait tacitement d’existence factuelle, il a profité de cette faille tacite pour parler d’imaginaire, la barbe.

            Tout ça m’amène à la considération suivante.

 

→ On a la logique, en construisant un discours rhétorique d’apparence véridique, le discours gagnant.

 

            Grâce à la logique, la rhétorique, l’art du langage, il est possible de montrer que la vérité est de notre côté, prouver que l’on a raison, et cela même si on est complètement à côté de la plaque. Un art soigné du langage peut construire la conviction, et par là un aspect véridique.

            Il y en a un qui ne s’y est pas trompé, c’est bien Schopenhauer, philosophe qui a carrément écrit un « Art d’avoir toujours raison », rien que ça. Il nous y enseigne toutes les astuces les plus malignes pour déjouer votre adversaire. D’ailleurs, il ne les appelle pas astuce, mais « stratagèmes », ce qui en dit long. On apprend alors comment :

            – exagérer, brouiller les pistes, proclamer d’avance son triomphe ;

            – cacher son jeu, noyer le poisson, utiliser des mots ronflants ;

            – généraliser les propos de l’adversaire, susciter sa colère ;

            Ect, ect… On n’utilise pas alors que le langage, mais tout un mélange d’émotions, d’expressions faciles, de gestes, de réactions affinées, pour jouer à la vérité. C’est un vrai savoir-faire, dont on peut donc édicter les règles. On peut prouver tout et son contraire.

petillance-boxer-femme-humoristique-toujours-raison-rose-noirPrix du meilleur acteur de la vérité, ne laissez pas filer votre chance !!

            Okay, ça peut marcher pour la philo, la politique, ça, ton truc de rhétorique, mais ça ne fonctionne pas dans tous les domaines, si ? Notamment en mathématiques et en science, là c’est vrai ou c’est faux, il n’y a pas à rechigner ? On procède par démonstration, pas par argumentation, dans ces milieux pas de place pour la singerie !

            En fait, même dans ces cas c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, parfois des démonstrations opposées peuvent être toutes les deux vraies (la lumière est onde, mais aussi particule par exemple). En revanche, les scientifiques qui en débattent ne diront probablement pas qu’ils cherchent « à avoir raison », ils cherchent la solution, mais pas la raison.

           C’est plutôt dans les rapports interpersonnels que l’on veut « avoir raison », dans les rapports quotidiens, amicaux, familiaux, professionnels, politiques. Chaque problème s’y prête, avec peut-être un petit favoritisme pour les questions morales ou de mœurs. Ce n’est pas la vérité que l’on cherche à obtenir en essayant de montrer qui a raison ou non. Mais ça doit être quelque chose de très important pour qu’on s’emporte comme ça, et que l’on s’obstine même si au fond on se sait de mauvaise foi.

            Avoir raison, ce n’est plus du tout avoir la vérité, c’est avoir le discours qui convainc, le discours gagnant, et encore plus s’il y a un public qui assiste à la joute verbale.

            Qu’est-ce que tout ça montre ?

           D’abord, ça légitime le scepticisme, parce qu’on peut se demander s’il y a vraiment du vrai lorsqu’on peut montrer tout et son contraire rien qu’en jouant avec les mots, et si même dans le discours scientifique, a priori dénué de mauvaise foi, il n’y a pas de « fait absolu ». Comment être sûr de quoique ce soit ? Autant ne croire en rien !

            Mais je crains qu’il y ait quelque chose de pire que le doute qui abandonne…

 

→ On a le pouvoir : au sortir d’une bataille d’égo, la raison s’affirme comme domination.

            Lorsqu’on se bat, même avec les mots, c’est toujours pour remporter le combat, pour gagner la manche. Qu’est-ce qu’il y a à gagner lors d’un débat ? Rien de matériel, on va pas vous donner une médaille pour avoir démonté père-grand au dernier repas familial. En revanche, on va vous donner la raison : ce que vous gagnez, c’est le droit d’avoir raison. Vous avez la raison. Il ne s’agit pas d’être dans le vrai, mais d’avoir la raison. La raison devient un bien, une possession reconnue. Et quand tu l’as, tu soumets l’intellect de l’adversaire jouteur, tu l’as soumis à reconnaître que tu es le plus fort, tu es celui qui l’a vaincu au combat rhétorique, et à qui revient la victoire.

            En politique, c’est très important. On ne se bat plus à l’épée pour faire couler du sang, preuve d’une supériorité indéfectible. Pour montrer qui est le best dans la place, il faut bousiller l’autre à coup de mots cinglants, de réparties bien placées, de chiffres inventés clamés au bon moment, avec une certitude feinte. Il faut montrer au peuple qui c’est le plus balèze et qui mérite le plus votes. Et celui qu’a raison, c’est celui qu’a gagné. Être dans le vrai ? On s’en fiche de ça.

U.S. Republican presidential candidate Donald Trump addresses the crowd at a campaign rally in Farmington, New Hampshire January 25, 2016. REUTERS/Gretchen ErtlJ’ai raison je te dis, imbécile, grmblllgrmbllllll !!!

            Les débats comme ceux-là, qu’est-ce que j’en pense ? Que c’est de la daube en boîte, que c’est ridicule, mais que c’est dangereusement efficace. Le moi s’impose par un caprice intelligent et bien ficelé. L’ego terrasse l’autre, dans un élan de volonté de pouvoir et de domination. Et sous les atours séducteurs des beaux discours, on est bien tentés d’accorder le droit d’avoir raison aux gens qui les prononcent et qui chapardent notre reconnaissance.

            Je te vois venir : non, les débats ne sont pas tous comme ça, et oui, parfois c’est constructeur, on peut apporter un avis différent dans le but de compléter le tableau. Et oui encore, on a besoin de la discussion pour contredire, critiquer, et déjouer les opinions dominatrices. Je suis bien d’accord avec toi, mon loulou.

            Mais je parle ici des discours destructifs, ceux qui visent principalement à défaire le point de vue de l’adversaire. Ils sont majoritaires je le crains, mais ils se reconnaissent facilement. Tu les repéreras parce que généralement ils sont :

            – très fortement émotifs : colère, cris, emportement, indignation, rage, mépris, moquerie, déni, joie narquoise, tout se mêle pour peser dans la rhétorique. La raison comme pouvoir de domination est hyper passionnelle.

            – toute remarque est prise personnellement par ceux qui débattent, comme une attaque faite au moi et non au propos en lui-même. Comme on ne se bat pas pour des vérités, mais pour des égos, chaque critique décochée est reçue comme une insulte personnelle. « Tu as tort = tu es moins fort que moi, et je vais te prouver ». Pas étonnant que ces chamailleries logiques finissent en mines renfrognées. Elles sont réellement blessantes.

 

→ La raison, un contre la peur : maintenir sa vision du monde comme une stable forteresse.

 

            Je ne crois pas cependant qu’il n’y ait que la volonté de domination qui soit en jeu. Il y a aussi quelque chose de plus primaire encore : la peur. Avoir raison, c’est aussi une façon de se prouver à soi-même, avant même de le prouver à l’adversaire, que la manière dont on pense le monde, dont on perçoit la vie, dont on agit dans son quotidien, c’est la bonne manière de le faire. Non, on ne se trompe pas, il n’y a rien à redire. On est dans le juste, hein, pas vrai ?

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            Dès que quelqu’un surgit avec une vision du monde opposée, alors cette personne risque d’ébranler la nôtre, de tout remettre en question, peut-être radicalement. Et si depuis le début on avait tout faux ? Oui, ça fait peur, alors on se met en tête de prouver qu’on a raison. On le doit.

            Les clashs culturels, dits de « civilisations », sont souvent issus d’un problème de ce genre : certes on peut vouloir dominer l’autre, mais aussi parce qu’on ne souhaite pas envisager remettre en question notre vision du monde à nous. Ça rassure. La raison éloigne le doute, la peur et l’errance qui l’accompagnent.

 

Petit art pour avoir toujours tort

 

            « Avoir raison », c’est donc bien avoir une possession précieuse, qui confère pouvoir et certitude – même s’il s’agit d’une certitude aveuglée. On comprend maintenant pourquoi ça t’énerve quand tu as tort, pourquoi tu défends avec ferveur l’avantage de la carotte sur le salsifis. Le débat est un vrai combat, avec la raison pour trophée.

            « Avoir tort ». C’est être dans le faux et devoir reconnaissance au gagnant. Double loose. Est-ce qu’avoir tort, c’est vraiment le lot du perdant ? Ne serait-ce pas le prix caché d’une secrète victoire ?

→ Contre le scepticisme : le tort, pont du dialogue

            Et si tu changeais de point et que tu voyais le tort comme une chance, celle d’accepter la critique, d’ouvrir ton esprit et donc de changer, de grandir, d’évoluer, alors tu ne verrais plus comme une destruction mais comme une construction.  Alors dis-oui, à toi le tort, compris comme une reconnaissance et une acceptation des failles ou de l’incomplétude du discours ! à toi toutes ces nouvelles perspectives, toutes ces nouvelles idées à accueillir, ces nouvelles opinions à examiner !

spongebobA moi le monde des nouvelles idées !

            Accepter le tort, c’est accepter la discussion, et c’est par là se défier du scepticisme. Quand on veut avoir raison, et qu’on parvient à montrer tout et son contraire, on peut avoir des doutes sur l’existence du vrai, quel qu’il soit.

            Tu sais, il y avait ce philosophe, Paul Ricoeur, qui s’était déjà fait la remarque : en jetant un œil global à l’histoire de la philosophie, tu peux avoir l’impression d’une succession de systèmes, chefs-d’œuvre d’architecture logique, qui se vaudraient finalement tous, chacun critiquant le système précédant et critiqué par le système suivant. Tout ne serait qu’une vaste blague rhétorique. C’est là que Ricoeur s’est dit que la vérité, ce n’était pas ce qui vaut éternellement et partout, absolument, mais ce qui se tisse, se construit, change, évolue au fil du temps et des dialogues (même en science – surtout en science).

            La vérité est dans le dialogue. Le dialogue est dans la reconnaissance du tort. Le dialogue, contrairement au débat, construit des ponts, fait des liens. Avoir tort, c’est donc mettre son petit égo de côté pour voir au-delà. Avoir le tort, c’est avoir la puissance secrète de poser les jalons du pont du langage nous réunissant. Les ponts du tort réunissent mieux que les remparts de la raison.

10095590Pas facile de quitter la montagne de la connerie quand même, j’ai le vertige moi

→ Avoir le tort, c’est progresser dans la voie de l’empathie.

            La compréhension : un art de l’écoute

            Lorsqu’on ne force pas la raison, on laisse l’autre s’exprimer, on essaie de comprendre pourquoi il dit ce qu’il dit, d’où il vient, son vécu, sa culture, son éducation, la société dans laquelle il a grandi, la présence de certaines personnes autour de lui, tous ces éléments pèsent lourd dans son propos. Ne pas rejeter, dire d’accord, ce que tu dis a de la valeur aussi, cela pose les bases d’une entente commune. Accepter son tort, ce n’est pas forcément avoir tout faux, mais c’est reconnaître la possibilité du vrai chez l’autre aussi.

            On dit rarement des grosses bêtises infondées. Même quelque chose qui peut te paraître aussi abruti et vaseux qu’une opinion raciste, par exemple, peut se comprendre : Gérard ton oncle raciste a peur de l’autre, normal, il a subi un siphonnage de cerveau par les médias, il n’a pas les mêmes outils critiques que toi parce qu’il a arrêté l’école à 16 piges. En essayant d’avoir raison sur lui en lui prouvant par a + b que la racisme est une idéologie pourrie, en montant sur tes grands chevaux de sauveur humanitaire, non seulement tu risques de blesser Gérard – pas cool –, mais en plus il ne changera pas d’avis. Il sera peut-être même un peu plus raciste qu’avant. Dire OK, j’admets ton point de vue, prendre le tort dans son camp un moment, c’est un meilleur début pour faire changer Hubert.

            Je vais te donner un exemple moins extrême :

Je suis végane. Houla !! Je te vois d’ici te crisper dans ta chaise et te dire « Encore une harpie écolo ?! ». Et au fond, je te comprends : je trouve que beaucoup de véganes sont intolérants.

go_vegan

Ils sont détenteurs d’un savoir (l’élevage intensif est le plus grand responsable du changement climatique, les animaux souffrent), et ne supporte pas que tous ne le reconnaissent pas. Ils s’énervent et te font culpabiliser sur le contenu de ton assiette : tu as bien tort de te régaler avec ta cuisse de poulet, grand salaud ! Je crois que si les véganes étaient plus compréhensifs sur ce qui te pousse à manger de la viande (la tradition, ton goût, la difficulté de changer les habitudes), et qu’ils essayaient de te faire prendre conscience du problème petit à petit, doucement, sans dire « c’est ta faute sale mangeur de cadavre », leur cause aurait tout à y gagner. Si certains véganes sont des harpies énervées, c’est parce qu’il veulent avoir raison et « convertir » des gens à leur cause. Et c’est aussi pourquoi certains mangeurs de viande sont de mauvaise foi… Mais allez-vous enfin vous écouter uns les autres, bordel de chiottes ?

            Prendre le tort ne signifie pas renoncer à la critique : un art de l’approche

            Parfois, il faut reconnaître que l’on se trouve face à des propos un peu vieillots, pas très éthiques. Tu peux bien essayer de comprendre ton oncle Gérard, force est d’admettre que son racisme ne repose pas sur la meilleure des visions du monde…

            Il ne s’agit donc pas de renoncer à la critique constructive et aux démonstrations, mais y faire appel après avoir compris la situation de ton interlocuteur. Ça t’aidera dans la discussion puisque que tu éviteras les attaques personnelles.

            Et après, ben, convaincre quelqu’un sans lui donner l’impression qu’il se soumet à toi, je ne vais pas te le cacher, ça demande du temps et des efforts : il faut montrer plutôt que contredire, s’appuyer (un article, une vidéo, une émission donneront l’impression qu’un tiers-parti vient apporter un propos sans juger). Si la tête de bique s’obstine :

            – soit tu l’aimes, et tu prends encore plus de temps pour elle.

            – soit tu t’en fiches un peu, et tu laisses filer, parce que tu n’as pas besoin que les autres pensent la même chose que toi dans ce bas monde, et que tu sais qu’il n’y a rien à gagner à vaincre à la bataille de c’est qui qui qu’a raison.

            – ou soit encore, tu deviens le tiers-parti : écris ! crées ! si ce en quoi tu crois et si important pour toi tu ne le réaliseras pas en convainquant toutes les têtes de bique les unes après les autres.

            Un art comme les autres, qui s’apprend et qui prend du temps

Alors évidemment, tout ça te demandera du temps à toi aussi, c’est pas demain matin que tu vas te réveiller en super-héros du tort, impassible. Tu sentiras de nouveau l’irritation dans tes veines à la prochaine remarque abrutie, tu auras envie de t’exclamer, et tu le feras automatiquement d’ailleurs. On pourrait, contrairement à Schopenhaueur, mettre sur pied un petit art d’avoir toujours tort pour nous aider à rester peace and love en toute situation. Les règles ressembleraient à ça :

            – tempère ton propos, suis un fil directeur, ne cherche pas la victoire sur l’autre ;

            – sois clair, abandonne les mots pédants, n’essaie de perdre ton interlocuteur, exprime-toi simplement ;

            – souligne les propos forts de ton interlocuteur, reste calme.

           Et on en inventerait plein d’autres. C’est plus sympa, non ?

supermanAh ! Te voilà enfin prêt pour devenir un super-héros du tort ! La classe

→ Ne t’identifie pas au discours : sois le tort !

            Prendre le tort sur soi n’est pas le prendre pour soi. Si la / les vérité(s) naissent du dialogue, cessons de prendre les remarques et les critiques personnellement. Ce n’est pas ta personne qui est attaquée, c’est ton propos. Et d’ailleurs, rien n’est attaqué du tout. Le dialogue n’attaque pas. Ne t’identifies plus au discours, et les mots ne te blesseront plus.

            Et si quelqu’un essaie de te prendre à revers, de te bombarder de ses flèches verbales, tu le sais bien qu’il se débat avec son incertitude, qu’il a besoin d’avoir raison pour se rassurer. Il a besoin d’avoir raison pour vaincre l’autre.

            Toi tu n’en as pas besoin. Le tort te va bien. Son éclat est moins éblouissant que celui de la raison, mais il ne cessera pas de te faire sentir l’énergie apaisée fendant ton visage d’un beau sourire ouvert. Le tort c’est la victoire de soi sur soi, alors tant pis si personne ne le voit ! Tu ne crains rien, alors sois le tort !

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